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— ÉDITO | LOGIQUE DE MORT CONTRE PULSION DE VIE

Source : Journal-RésisteR - Nº43 JUIN 2016

La mairie de Nancy et la nouvelle métropole du Grand Nancy semblent avoir décidé de se défaire de l’école du 14, rue de Fontenoy et du jardin partagé attenant à la MJC des 3 Maisons (cf. Résister! #43). Bien que la mairie ait fait savoir aux membres du comité de soutien « Nos3Maisons » que rien n’était décidé, le flou de certaines interventions d’élus laisse présager la possible construction d’habitations par l’OPHLM, mais un possible qui ne serait pas sûr, etc.

Au-delà de ces deux lieux d’échanges, de culture (maraichère et artistique), de lien social, etc., c’est une certaine vision de la ville et de son avenir qui est ici en débat. La mairie défend une extension du domaine du béton et de l’automobile. En effet, le projet directeur pour le « quartier » Rives de Meurthe (« quartier » qui regroupe toute la partie de la ville qui est au-delà du canal et va donc de Maxéville au nord à Jarville au sud, et fait donc presque 5 km de long) est la création d’un boulevard urbain, axe routier nord-sud qui entend à la fois désengorger le centre-ville, mais aussi desservir les nouveaux quartiers comme celui de Stanislas-Meurthe, et bientôt celui de Crosne-Vayringe. Ce dernier quartier voit pousser depuis quelques années les grues, les résidences et les « hlm horizontaux ». En gros, on créera dans cette zone des cités dortoirs dont les habitants pourront au pied de chez eux prendre leur bagnole pour aller se divertir dans les centres commerciaux de la périphérie.

 

Patrick Baudot, adjoint au maire, explique que l’école et le jardin partagé « reste[nt] une friche qu’il faudrait réhabiliter ». Et il va plus loin. Pour lui c’est le quartier dans son ensemble qui est concerné, car « on ne peut pas garder un quartier en friche ».* Les habitants dudit quartier apprécieront !

 

Face à cette logique mortifère qui relève du pur calcul économique, se dressent les habitants du faubourg des 3 Maisons, qui ne veulent pas de cette transformation insidieuse du quartier en banlieue aseptisée.  Il est vrai qu’une courte visite boulevard de La Mothe, ne prédispose pas à la joie de vivre, le quartier Stanislas-Meurthe est triste à pleurer, vide et mort comme un parking de multiplexe. Les 3 Maisons ont une autre histoire et surtout sont vécues par leurs habitants d’une autre manière. Si la défense des annexes de la MJC est aussi mobilisatrice (la pétition pour sauvegarder les lieux a déjà recueilli plus de 3 000 signatures), c’est aussi parce que ces deux lieux sont symboliques d’un certain vivre-ensemble, d’un esprit de quartier, qui est presque celui d’un village.

 

Enfin, alors que la municipalité dépense des sommes plus que généreuses (20.000€ par exemple pour le Stanislas de Jef Aérosol, cf. p. 8) pour réaliser des tags qui lors qu’ils sont l’œuvre de gamin peuvent entraîner une amende de 3 750€ (je ne sais pas si les amendes paient les réalisations subventionnées), certaines de ces sommes seraient sans doute mieux employées pour soutenir la création telle qu’elle existe à Nancy, et par exemple dans les ateliers des Trois Huit, installés dans l’ancienne école.

 

Le faubourg est un quartier vivant : fermer petit à petit ce qui le fait vivre c’est le plonger dans la mort.

 

Bas Coup

Journal-RésisteR - Nº43 juin 2016

 

* Interview lors du 19/20 de France3 Lorraine le 27 juin dernier.

 

À lire également l'article paru dans le #42 "Les bâtisseurs de vide"

nos3maisons.org

12-14, rue de Fontenoy

54000 Nancy

 

Email : contact@nos3maisons.org

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